Jours mécaniques

Comme les songes dissimulés
lorsque l’éveil distrait est à fuir
parsemé de temps troués
où s’accroît l’absence des souvenirs

Lourds il y a des jours balourds
et des jours, des jours et des jours mécaniques
où s’ennuient du soleil des os sans analgésiques

Alors il me pleut mon amour
et si froid tout autour oblique

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Le choix aidant la tête

Avant le réveil. Juste avant ce matin.
Ça grouille de grillons grivois,
mais comment taire ce tumultueux tintamarre ?

Heureusement, une cloche cogne à la cloporte.
Un rat, qu’étouffe une vieille cravate, emporte
une bibliothèque de sa main sur son cœur.
Il est escorté d’une insecte plus svelte et séduisante.

Ce fourmillement me fait souffrir
un peu au-dessus de l’appendice buccal.
J’écraserais bien l’un pour me nourrir de l’autre.

Trop endormie pêle-mêle dans le verbe
je ne sais par lequel commencer ?
Je bouge ma carapace poursuivant le sommeil fugitif.
Je m’enfonce dans ce retournement tout en croyant
fermement, mais sincèrement : Qui dort dîne.

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Un simple au revoir tout en câlin

Car si certains craignent de vieillir
de disparaître ou de partir
vraiment c’est pas si pire
lorsque l’on se sent en des coeurs habité
que nous-mêmes on ne saurait oublier

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L’heure, l’horloge et le chronomètre

Le chronomètre malheur d’horloge

Étourdi aux mémoires d’horloge
je m’explosais au quotidien
tel un volcan de chagrin
mais sans la violence
des mélodies de soufre
ni leurs danses des gouffres

L’horloge leurre le chronomètre
de l’être à rides archives telles des lettres

Prisonnier aux aiguilles des heurts
je m’expose journalier cardiaque
à l’usure des circulations micmacs
enserré aux alignements d’écimés cônes geôliers
où mes freins de l’impatience hurlent rongés

L’heure horloge le chronomètre
l’homobiliste meurt au lents kilomètres

Affranchi des angoisses de chronomètre
je me poserai à  l’instantané serein
maniant l’éther tranquille des jardins
rivage paisible à l’usage des âges

Sans compter les espaces courants
ni l’heure, l’horloge et le chronomètre

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Mères et mômes

Pays de peuples et nations idéalisés:
La haine a neigé sans ennui petite laine sur le monde
racisme en étoiles de cendres carmin
écarlates courbes en éclats de volcan cactus
enterrant la pauvreté d‘un manteau de misère

Soldat de guerre plombé:
Avec un coeur crachat grabataire enserré en noeud boudin
rouge rubicond comme un crépuscule de fièvre
coagulation de l’âme en son armure cher au canon
étouffant l’intégrité de l’être intérieurement troué

Mères et mômes:
L’enfance faussée par fumant fusil dans fiole
l’odeur sanguine irise les flammes maquillage
s’entêtent à mourir des nourrissons aimés de mains maternelles inanimées
quelle magie en guerre ira ces blessures aux azurs usés et ce sang horizon?

Les nuits sont longues comme des chapelets en chapitre de grenades
longues nuits comme des cheveux de sirènes assourdissantes
maladroitement noyées dans des océans de bouteilles à la mer
en vain la survi appel cette présence persévérante victime de l’oubli

Désillusionné
mais pour quel pays, quel peuple, quelle nation?

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L’orme, l’ombre et l’arme

En ce 14 juillet 2016

L’orme a des larmes à l’aube
que le soleil seul s’amuse à sécher

L’ombre de l’arbre est sans racine
et glisse le jour pour fuir les nuits

L’arme est un homme pauvre
et les astres d’or savent s’en amuser

L’âme est tombée en larmes sous les armes ténébreuses

L’ombre fond au sombre et s’abîme
effacée par les tonnerres des alarmes et des cris

L’orme a des ombres de crépuscule armées
par ces dieux d’éclairs qui s’amusent à les oublier

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Les roses ions

À l’aide ! s’écrit-elle à la face du livre.

Lui :
Sans fuir comme des pétales affolés, dit-il.
Elle :
Oui, arracher des proses éprises de règles
avec des mains négligées et désobéissantes,
Lui :
puis abreuver en colère désordre et désert,
ioniser les roses en poussière de cuir esseulée.
Elle :
Nous voilà nu sur une plage planche
provoquant l’horizon en mœurs amers. Dors-tu?
Lui :
Parfois, mais non quelques fois. Épuisé,
je ne sais pas crier dans ta voie nos roses,
Elle :
les roses ions à fioles défoliées.
Feras-tu le four,
les fenêtres et les feuilles ce jour?
Lui :
Oui. Les roses, ions dénoués,
effleurées par le tant,
le temps qui presse tant.

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L’homme effacé

N’entendez-vous pas ses paupières pierres ?
Sentez-vous s’effriter ses papilles calcaires ?
S’y oubliera même son cœur,
son Amour et ses bonheurs.

Efflorescence à ses-yeux de verres,
cristaux isocèles dégoulinants, amers.
Il se meut en larmes qu’angine effleure,
et son tambour, et ses honneurs.

Au silence, tous ses pas faits s’enterrent
en ce stable de sablier chassant y faire…

(Elle le touche, son Amour étrangère;
cet amour louche le douche, l’assèche
lui, disparaissant en ces caresses
comme s’effacent falaises à la mer.)

Entendez-vous ses paupières pierres ?
Sentez-vous s’effriter ses papilles calcaires ?
Percevez-vous l’homme s’effacer aux sens,
où dormir lentement s’installe pour seule défense ?

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1984 en Mai 2020

Tu tétanises l’univers humain, ubiquiste minuscule fantôme
dans l’ombre des états providence par où se dépense les aumônes

Par l’isolation sanitaire asservit aux justifications paranoïaques
tu estompes les sourires agnostiques qui ahanent sans joues sans joie
linéaire, la logique psychologique de la peur vêt le masque
sans l’euphorie furieuse des phares affrontant l’aloi des lois

Ton monde d’alignés est d’illusions grisailles écrous
sans nez ni toux, tout tourne vautour de toi sans roue
l’obsolescence du discernement hante les cendres d’achats
et dans les chèques tu auras gagné que tu nous tue ou pas

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Évidemment, il pleut

Comme un constricteur sous la pluie qui attend
la peau lisse et venin toujours prêt à mordre
lente langue languissante qui ensangle mes vers à dire
et ces vers à sons tout de verglas ventriloque
résonnent aux allures des rares illusions de réel irisé

Toute la colère des nombreux boutefeux aveugles
ne sert qu’à prolonger à grand frais l’agonie
et dans le meurtre des livres en claviardages scabreux
où se déphrasent les mots asservis…
Évidemment, il pleut.

Il pleut, il pleut vraiment
comme manteau de silence politiquement correct
pluies de velours et voix à l’ordre des croissances à tout prix
il pleut d’étranges grésils mais rares
invincibles dans l’invisible orage contre les ordres totalitaires
patients grêlons muets parmi les imposés phonèmes bavards
des robes belles attendent constricteurs sous la pluie

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Habitude de ne plus être

Habitude de ne plus être

Aller! Lève-toi et marche
traverse ces réveils de brumes
où se dissipe pâle opacité de l’œil trompé
par les eaux troubles de ton cœur, l’ennui

Avance dans l’aveuglement risqué des premiers pas de l’aube
où demeure diaphane l’impression des incendies de poitrines

S’estomperont peu,
mais peu à peu
ceux qui ont l’habitude de ne plus être là le jour

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Radiographie des retours quotidiens

Monde aux arômes de pneus freinant
parfums d’asphalte sous les soleils d’été
odeur de fardiers impolis fumant comme des cheminées

Mur de tôle où s’enculmulent lourds escargots obèses
congestion d’anonymes, visages brefs et sans corps
prisonnier des moteurs à essence le patient s’endort
minuscule chenille larvée aux lents déplacements

Rien ne bouge pour la photo
nul besoin de réclamer l’impassibilité des passeports
vie sage au Mont Automne

Austère il dit agnostique
scoliose sévère de la colonne à vertèbres véhicules
mobilité réduite avec épisode d’impatience

Traumatisme de l’âme possible
traitement par ponction vitale

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Texte du délire et S’effrite le réel

Texte du délire

Dans le désert un grain de riz
un nain d’envie n’invente la pluie
que pour aller à l’eau la mer
et y flottant la bouère

S’effrite le réel

Couchée au cou une joue
s’effrite le réel !

Se mouillent
maniées sous les mains

Effleurées de gestes,
folles les chairs errent à l’oubli de l’air

Sous la grisante résonance d’être près

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Mois sombres

Lui:
Où s’enfuient donc les mois d’automne. Où?
Et les passions empaillées aux poussières des greniers,
mais où sont ainsi les mois sombres, mais où?

Où s’effacent donc les octobres. Où?
Et les déceptions échouées aux souvenirs abîmés,
poussières empaillées,
mais où sont après les octobres, mais où?

Elle:
Dans les tableaux, tableaux murés en silence de musé 
peut-être qu’ils sont là
tableaux amusés,  là où tu ne vas pas

Lui:
Où s’enfoncent donc les novembres. Où?
Et les gens inhumés aux mémoires muselées,
souvenirs échouées,
mais où sont alors les novembres, mais où?

Elle:
Dans les toiles, étoiles d’éther en désordre infouillées
peut-être qu’ils sont là
désordre de terre, là où tu ne veux pas

Lui:
Où s’effritent donc les décembres. Où?
Et les enfants envasés aux matures mortifiés,
mémoires inhumés,
mais où sont dès lors les décembres, mais où?

Elle:
Dans les aquarelles, à croire ailes incendiées en huiles délavées
peut-être qu’elles sont là
incendies délavées, là où tu ne vois pas

Lui:
Où s’enfuient comme ça les mois d’automne. Où?
Et les pailles passionnées aux combles empoussiérées
matures envasés,
mais où sont donc les mois sombres, mais où?

Elles:
Dans les fusains, fusains estompés en escarbilles poudroyés
peut-être que c’est là
fusains d’escarbilles, là où tu ne vis pa

Tous:
Puis les automnes s’enritournellent vers d’oreilles
discrètement encore et toujours impareils

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Fêlure, profonde crêvasse

Je te lasserai de mes mots sans rupture ;
L’absence de nous déversant à perte ce cuivre brut qui
jamais ne sera le fil ni le tuyau non plus le lien à nos neurones isolées.

Je t’ai glissé dans mes mots sans ratures ;
L’essence de nous épandant sans gain ce plomb toxique
scellant la tombe muette et déconnectée de l’inclinaison.

Et je resterai avec mes maux, sans armure ;
L’urgence de nous s’écoulant au profit de l’étain qui
se dissout à l’acide salé des émotions abîmées.

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, MAIS… seuil

Lorsque pauvre misère ! L’aumône d’aube s’orage,
Mué, emmuré, vampire vainement gavé d’ocre :
Le maître anonyme abus clair et fort, incontournable coffrage,
Confortant d’amertume l’homme être dont l’âme défroque.

Lorsque sans soif, l’habite les agressivités prestes des bêtes :
Ses yeux hémophiles incendient, jugulaire sourde et gorge muette,
Bouleversant les mâchoires argumentaires des autres honnêtes.

Lorsque comptant sang, ombres, l’exactitude des secondes
Et que point tant l’échec des nombres au cardan des mondes :

Ah ! Elle !…cool !
L’instant faible investi le for noir d’un foyer rouge, invisible cercueil…

Photo de cottonbro sur Pexels.com
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Sur les quais équerres

Ah! L’égrenage des jours gangrène
d’où s’enfuit fascinante fleur frêle
sans filtre ni falaise et sans fou

Est-ce…

L’insensé ascenseur dans une impasse
semblable à une impassible passoire

… saut…

Oh! Mélange de monts à l’amer mouillés
quels réels à quitter les quais équerres
pour se jeter aux ondes sourdes des sons de rondes

… esse

On y voit noir et bouteille à la mer

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Vers l’autre céans

Quelqu’un a retourné le sablier oublié

Les sables du désir enrobent des doigts patients
des mains divaguent alors sur des ondes à peau humaine
l’épaule ondoyante aborde une épaule en des marées veines
douce houleur où roucoule l’étang vers l’autre céans

Comme ces pendules ne pouvant pourrir aux plages intimes
des yeux ont des silences ardents qui hurlent maritimes
et des côtes s’attirent tellurique en tremblement de terre
causant tsunamis invisibles noyant les horloges austères 

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Les mots incendiés

Comme mots incendiés, comme femmes amoureuses
s’enroulent aux horloges infertiles, leurrées
tout en silence et d’alarmes entre nos îles noyées
comme s’envolent les automnes et les mots incendiés 

Et de pluies en saisons déversant soirs aux pourpres passions,
l’ironie, farouche faucheuse, hache en tempêtes des souvenirs
et ça frappe du triste aux arbres effeuillés qui affrontent à souffrir
et les quotidiens fondus en fleuves enflammés et les pluies en saisons

Comme mots incendiés, comme femmes amoureuses
s’enroulent aux horloges infertiles, leurrées
tout en silence et d’alarmes entre nos îles noyées
comme s’envolent les automnes et les mots incendiés 

Je suis l’écrit qui s’attarde aux librairies fantômes en diseuses
je trie à taire des fleurs et j’ai peur des heurts oubliés,
je me punis de flammes et de leur flemme indomptée
je me consume et me tourmente, oh âmes d’ombres frauduleuses

Comme mots incendiés, comme femmes amoureuses
s’enroulent aux horloges infertiles, leurrées
tout en silence et d’alarmes entre nos îles noyées
comme s’envolent les automnes et les mots incendiés 

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Glaces (prise 2)

De l’origine l’épaule rouille l’horizon 

L’évolution 
De poussières et d’eau sortant ses pas du désert
égoïste et sans scrupule 

Par la naissance des villes,
l’humain de glaces
à cœur caverne
à corps gratte-ciel
à cancer de racines en cimes 

Et des organisations sociales,
recréant (peureux) son environnement
d’idées fières, mais fiévreuses
dans l’abondance meurtrière d’ornières sécurisantes
jusqu’à ses enfants calfeutrés 
dans l’ignorance maladive de la santé 

C’est son ère sans air
et sa terre à gale d’asphalte
hait le monde vivant,
est sans avenir 
ses rivières décadentes nervures acides 

À la mer l’homme mouille la mort

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L’eau nature

Ô matrice du monde écologique 

Omni-matière de toute flore, de toute faune
espaces peuplés d’espèces 

L’eau danse d’existences
riche de circulations et d’échanges 

Mère nourrice qui abrite et abreuve
eau de vie, de veine et de sève 

Cours qui façonnent la terre

L’eau douce, essentielle
semée en harmonie lacustre 

L’eau nature morte sous l’acide des pluies

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Notes 82, 83 et 85

Note 82

Par hasard
tes ongles laqués
ondent sur ma peau
moi torture rigide
dans une carapace
bibelot de granite
à retracer l’oubli

Note 83

Ma peau étrangère à tes yeux, tes doigts,
à ta paume chaude, et les mots dans ta voix.

Mon épiderme à tissus ineffleuré,
ni par tes ongles scie affutée,
ni par ton souffle accouplé.

Mes pelures rêches jamais épluchées,
ni même par ta bouche épelées.

Jamais plus tes lèvres mouillant ma langue chauve
m’inviteront dans un sommeil de guimauve.

Ah! Dormir toute une nuit sans masque de latex!

Note 85

Je pense pesant à toutes journées envolées
lorsque boitillant sur des ordinaires lèges
se rallongent des jours à rebours mon amour

Mes lèvres dunes par des grèves embrasées
se lèsent comme barque de bois sortilège
aux noires berges où la nuit rode autour

Et cette imperméable paupière pale de la Lune
qui ne pleure jamais sans risque sous les brumes

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Un temps pour elle

L’ailleurs, l’aïeule et l’âme émue

Oui beau, un banc blanc bancal
aussi assise dessus une être spectrale

Une fantôme floue farfouillant
une foule d’enfants en fanfare
pour eux, bavard le temps
n’existe que maintenant
pour toujours et sans retard

Mais elle, longtemps attendant tant
la fin de l’éternité sur ce siège lactescent

Où là l’heure à gueule de flammes ténues

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Note 93

Les appels rechutent subtilement au front de nos absences
des baisers se déversent certainement en faisceaux de faïence
et dans ces alluvions s’engouffrent appauvris tous les pas de nos vies
où les vœux s’amenuisent sans mutilations entre le mutisme et l’amnésie

Un prétexte s’attarde doucement derrière la flemme des oubliés

La peur s’évanouit dans la gorge du vent que l’arbre affronte effeuillé
l’amant se réfugie alors maladroitement derrière des regards indomptés

Le secret resplendit à la longue au revers d’une extravagance 

En rage automobile se décompose à la pointe de mon crayon l’humanité
un frôlement entre le rouge et l’écarlate  paisible et brûlante est la solution
derrière les aiguilles d’une montre peut aussi s’apprendre l’inhumanité
ainsi l’on tisse des désirs fantômes alors que s’effrite sciemment l’inspiration


							
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Tragédie ferroviaire

On joue au train des beaux voyages
Le tour de la table comme paysage
On chasse l’ennui du quotidien
On fait tourner notre chagrin
Un train qui siffle et qui recule
Un nain qu’on retient de la main

Un train d’enfant, un train électrique
Qui n’est ni triste ni comique
Un train qui roule sa vitesse
Une voie d’enfer en rond fermé
Destin tracé de plaisirs usés
Où ses roues grincent de froide vieillesse

*(refrain)
Je rêve, mais je ne comprends pas,
Qui de nous deux est saoul,
Qui de nous deux est fou…

Et puis l’on joue dans la fumée
Dans l’air terni du routinier
Roulant l’avenir en souvenirs
Y étouffant tous nos soupirs
Des yeux rougis dans l’illusion
Des yeux fermés pour se mentir

Des yeux fixant un train errant
Qui se fascinent aveuglément
Captifs de songes organisés
Magie de cendre et de détresse
Éclats de rire sans allégresse
Cinéma vague pour yeux blasés

Je rêve, mais je ne comprends pas,
Qui de nous deux est saoul,
Qui de nous deux est fou…

On joue aux rêves de nos beaux jours
Sur une scène sans calembours
On trahit l’auteur du désespoir
On est l’acteur d’un cercle noir
Un être criant l’angoisse de vivre
Un homme soumis à son histoire

Être déroulant sa pollution
Sur les carrefours des conventions
Être suant son combustible
À s’appauvrir dans son enclos
Lieu de tourment, usine sans repos
** Ô mort pays possible !…

…rêve, mais je ne comprends pas,
Qui de nous deux est fou
Qui de nous deux est saoul…

*Le refrain est de Daniel Ducharme
**Vers tiré du poème  “ Petite suite en laisse” de Gaston Miron

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Jours mécaniques

Comme les songes dissimulés
lorsque l’éveil distrait est à fuir
parsemé de temps troués
où s’accroît l’absence des souvenirs

Lourds il y a des jours balourds
et des jours, des jours et des jours mécaniques
où s’ennuient du soleil des os sans analgésiques

Alors il me pleut mon amour
et si froid tout autour oblique


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Terre aux risques

Tel ce sommeil né de l’autre,
sans épaule, ni étêté, apôtre.

Tels ces éveils nés des autres,
sans rôle, ni réalité, pas de porte.

Au nom d’idéal cruel, si jeune mourir
pour qu’éternellement de vierges jouir.

Alors qu’ici l’on vieillit économiquement,
mais qui souhaite périr éternellement?

Damnation! Quelle voûte est inventée?
Ciel! Quelle Terre est irréelle?

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Plaine plage d’amour

Plaine,
grande plaine essoufflée d’où tout est flou

Blessée,
lacée bien glacée où tout bout,
croûte boursouflée enfer fourre-tout pour souffler

Veines vaines vannées avinées … À bout tabou!

Plaine, pleine d’amour
grande plaine d’horizon lourd et flour

Plage,
grande plage à souffle court d’où soûl s’échoue

Laissée,
lassée bien blessée à bout de souffre
souffle coupé à courtiser l’ajouré des gouffres

Plage pleine, page ensablée … À bout d’atout!

Plage, plagier le sable à la faim des jours
grande scène sanguine, oh angine d’amour!

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1er avril 2020

La circulation n’en finit plus de s’absenter
après que la neige en eu assez de tomber
dans nos maisons scellées sans proximité
les morales usés exploseront à se plomber

Nous trompe peu l’Avril
ne t’y découvre pas d’un fil
mots maintenant vide, vide de sens
ne plus sortir et préserver sa présence

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D’où l’heure

Vil vieillissement de la vie servile
mouvement d’où l’heure dans un mur mûr meure
alors aile luit lente l’eau de l’oeil lourd
parcourant plage de peau par poid plume
et perdure l’impasse de l’impossible palpable
bras brisé en bazar bla bla bla de bric à brac
mais démembrer la démesure du mal démusclé

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Tout nous

La musique par vos lèvres m’enchante
mes oreilles aspirent l’air de vos poumons
mélodies où s’emmêlent nos vibrations lentes
non dits aisées fait de touches et de violons

Nos chœurs en portées qui divaguent
et notre amour nu à nourrir des vagues
monde d’harmonies toutes en ondes rondes

Et voilà que je me parle en nombril
et me ravine en baderne et m’y réfugie

À l’auteur d’homme d’humeur humus meurtri
sans urgence l’écriture rauque s’écrie
et des idéaux par poudre aux yeux rougis
s’effondrent en alarme et distance polie

Ô cruelle absence où se meurt menue l’éternité
où par prudents interdits risques-de-vivre s’enfermer
noués malades de santé tout nous tue 

Et voilà que je me parle le zombie
et me creuse des rides et m’y replie

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Pays-âge

Nuit sans ombre

Langue sans goût tout en glaise molle des affaires
aussi froides déparlures de grêle qu’une misère glacière

Nuit sans Lune

Y coudre des angles laids comme des mots louches
puis l’on déraisonne comme des phrases en retouches

Nuit sans étoiles

Nos bouches lâches en mâchent des nombres
envahisseur logiciels et défaite arctique au sombre

Nuit sans jour

S’efface alors avec efficacité et insouciance
un  pays-âge sans présence ni résistance

Nuit éternité

Voilà que vocalise ce viol qui vit sans vanité ni violence
il s’installe productif comme les espèces envahissantes
et au nom linguale de l’économie, des cultures pointent absentes

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