Radiographie des retours quotidiens

Monde aux arômes de pneus freinant
parfums d’asphalte sous les soleils d’été
odeur de fardiers impolis fumant comme des cheminées

Mur de tôle où s’enculmulent lourds escargots obèses
congestion d’anonymes, visages brefs et sans corps
prisonnier des moteurs à essence le patient s’endort
minuscule chenille larvée aux lents déplacements

Rien ne bouge pour la photo
nul besoin de réclamer l’impassibilité des passeports
vie sage au Mont Automne

Austère il dit agnostique
scoliose sévère de la colonne à vertèbres véhicules
mobilité réduite avec épisode d’impatience

Traumatisme de l’âme possible
traitement par ponction vitale

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Texte du délire et S’effrite le réel

Texte du délire

Dans le désert un grain de riz
un nain d’envie n’invente la pluie
que pour aller à l’eau la mer
et y flottant la bouère

S’effrite le réel

Couchée au cou une joue
s’effrite le réel !

Se mouillent
maniées sous les mains

Effleurées de gestes,
folles les chairs errent à l’oubli de l’air

Sous la grisante résonance d’être près

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Mois sombres

Lui:
Où s’enfuient donc les mois d’automne. Où?
Et les passions empaillées aux poussières des greniers,
mais où sont ainsi les mois sombres, mais où?

Où s’effacent donc les octobres. Où?
Et les déceptions échouées aux souvenirs abîmés,
poussières empaillées,
mais où sont après les octobres, mais où?

Elle:
Dans les tableaux, tableaux murés en silence de musé 
peut-être qu’ils sont là
tableaux amusés,  là où tu ne vas pas

Lui:
Où s’enfoncent donc les novembres. Où?
Et les gens inhumés aux mémoires muselées,
souvenirs échouées,
mais où sont alors les novembres, mais où?

Elle:
Dans les toiles, étoiles d’éther en désordre infouillées
peut-être qu’ils sont là
désordre de terre, là où tu ne veux pas

Lui:
Où s’effritent donc les décembres. Où?
Et les enfants envasés aux matures mortifiés,
mémoires inhumés,
mais où sont dès lors les décembres, mais où?

Elle:
Dans les aquarelles, à croire ailes incendiées en huiles délavées
peut-être qu’elles sont là
incendies délavées, là où tu ne vois pas

Lui:
Où s’enfuient comme ça les mois d’automne. Où?
Et les pailles passionnées aux combles empoussiérées
matures envasés,
mais où sont donc les mois sombres, mais où?

Elles:
Dans les fusains, fusains estompés en escarbilles poudroyés
peut-être que c’est là
fusains d’escarbilles, là où tu ne vis pas

Tous:
Puis les automnes s’enritournellent vers d’oreilles
discrètement encore et toujours impareils

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Fêlure, profonde crêvasse

Je te lasserai de mes mots sans rupture ;
L’absence de nous déversant à perte ce cuivre brut qui
jamais ne sera le fil ni le tuyau non plus le lien à nos neurones isolées.

Je t’ai glissé dans mes mots sans ratures ;
L’essence de nous épandant sans gain ce plomb toxique
scellant la tombe muette et déconnectée de l’inclinaison.

Et je resterai avec mes maux, sans armure ;
L’urgence de nous s’écoulant au profit de l’étain qui
se dissout à l’acide salé des émotions abîmées.

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, MAIS… seuil

Lorsque pauvre misère ! L’aumône d’aube s’orage,
Mué, emmuré, vampire vainement gavé d’ocre :
Le maître anonyme abus clair et fort, incontournable coffrage,
Confortant d’amertume l’homme être dont l’âme défroque.

Lorsque sans soif, l’habite les agressivités prestes des bêtes :
Ses yeux hémophiles incendient, jugulaire sourde et gorge muette,
Bouleversant les mâchoires argumentaires des autres honnêtes.

Lorsque comptant sang, ombres, l’exactitude des secondes
Et que point tant l’échec des nombres au cardan des mondes :

Ah ! Elle !…cool !
L’instant faible investi le for noir d’un foyer rouge, invisible cercueil…

Photo de cottonbro sur Pexels.com
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Sur les quais équerres

Ah! L’égrenage des jours gangrène
d’où s’enfuit fascinante fleur frêle
sans filtre ni falaise et sans fou

Est-ce…

L’insensé ascenseur dans une impasse
semblable à une impassible passoire

… saut…

Oh! Mélange de monts à l’amer mouillés
quels réels à quitter les quais équerres
pour se jeter aux ondes sourdes des sons de rondes

… esse

On y voit noir et bouteille à la mer

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Vers l’autre céans

Quelqu’un a retourné le sablier oublié

Les sables du désir enrobent des doigts patients
des mains divaguent alors sur des ondes à peau humaine
l’épaule ondoyante aborde une épaule en des marées veines
douce houleur où roucoule l’étang vers l’autre céans

Comme ces pendules ne pouvant pourrir aux plages intimes
des yeux ont des silences ardents qui hurlent maritimes
et des côtes s’attirent tellurique en tremblement de terre
causant tsunamis invisibles noyant les horloges austères 

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Les mots incendiés

Comme mots incendiés, comme femmes amoureuses
s’enroulent aux horloges infertiles, leurrées
tout en silence et d’alarmes entre nos îles noyées
comme s’envolent les automnes et les mots incendiés 

Et de pluies en saisons déversant soirs aux pourpres passions,
l’ironie, farouche faucheuse, hache en tempêtes des souvenirs
et ça frappe du triste aux arbres effeuillés qui affrontent à souffrir
et les quotidiens fondus en fleuves enflammés et les pluies en saisons

Comme mots incendiés, comme femmes amoureuses
s’enroulent aux horloges infertiles, leurrées
tout en silence et d’alarmes entre nos îles noyées
comme s’envolent les automnes et les mots incendiés 

Je suis l’écrit qui s’attarde aux librairies fantômes en diseuses
je trie à taire des fleurs et j’ai peur des heurts oubliés,
je me punis de flammes et de leur flemme indomptée
je me consume et me tourmente, oh âmes d’ombres frauduleuses

Comme mots incendiés, comme femmes amoureuses
s’enroulent aux horloges infertiles, leurrées
tout en silence et d’alarmes entre nos îles noyées
comme s’envolent les automnes et les mots incendiés 

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Glaces (prise 2)

De l’origine l’épaule rouille l’horizon 

L’évolution 
De poussières et d’eau sortant ses pas du désert
égoïste et sans scrupule 

Par la naissance des villes,
l’humain de glaces
à cœur caverne
à corps gratte-ciel
à cancer de racines en cimes 

Et des organisations sociales,
recréant (peureux) son environnement
d’idées fières, mais fiévreuses
dans l’abondance meurtrière d’ornières sécurisantes
jusqu’à ses enfants calfeutrés 
dans l’ignorance maladive de la santé 

C’est son ère sans air
et sa terre à gale d’asphalte
hait le monde vivant,
est sans avenir 
ses rivières décadentes nervures acides 

À la mer l’homme mouille la mort

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L’eau nature

Ô matrice du monde écologique 

Omni-matière de toute flore, de toute faune
espaces peuplés d’espèces 

L’eau danse d’existences
riche de circulations et d’échanges 

Mère nourrice qui abrite et abreuve
eau de vie, de veine et de sève 

Cours qui façonnent la terre

L’eau douce, essentielle
semée en harmonie lacustre 

L’eau nature morte sous l’acide des pluies

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Notes 82, 83 et 85

Note 82

Par hasard
tes ongles laqués
ondent sur ma peau
moi torture rigide
dans une carapace
bibelot de granite
à retracer l’oubli

Note 83

Ma peau étrangère à tes yeux, tes doigts,
à ta paume chaude, et les mots dans ta voix.

Mon épiderme à tissus ineffleuré,
ni par tes ongles scie affutée,
ni par ton souffle accouplé.

Mes pelures rêches jamais épluchées,
ni même par ta bouche épelées.

Jamais plus tes lèvres mouillant ma langue chauve
m’inviteront dans un sommeil de guimauve.

Ah! Dormir toute une nuit sans masque de latex!

Note 85

Je pense pesant à toutes journées envolées
lorsque boitillant sur des ordinaires lèges
se rallongent des jours à rebours mon amour

Mes lèvres dunes par des grèves embrasées
se lèsent comme barque de bois sortilège
aux noires berges où la nuit rode autour

Et cette imperméable paupière pale de la Lune
qui ne pleure jamais sans risque sous les brumes

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Un temps pour elle

L’ailleurs, l’aïeule et l’âme émue

Oui beau, un banc blanc bancal
aussi assise dessus une être spectrale

Une fantôme floue farfouillant
une foule d’enfants en fanfare
pour eux, bavard le temps
n’existe que maintenant
pour toujours et sans retard

Mais elle, longtemps attendant tant
la fin de l’éternité sur ce siège lactescent

Où là l’heure à gueule de flammes ténues

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Note 93

Les appels rechutent subtilement au front de nos absences
des baisers se déversent certainement en faisceaux de faïence
et dans ces alluvions s’engouffrent appauvris tous les pas de nos vies
où les vœux s’amenuisent sans mutilations entre le mutisme et l’amnésie

Un prétexte s’attarde doucement derrière la flemme des oubliés

La peur s’évanouit dans la gorge du vent que l’arbre affronte effeuillé
l’amant se réfugie alors maladroitement derrière des regards indomptés

Le secret resplendit à la longue au revers d’une extravagance 

En rage automobile se décompose à la pointe de mon crayon l’humanité
un frôlement entre le rouge et l’écarlate  paisible et brûlante est la solution
derrière les aiguilles d’une montre peut aussi s’apprendre l’inhumanité
ainsi l’on tisse des désirs fantômes alors que s’effrite sciemment l’inspiration


							
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Tragédie ferroviaire

On joue au train des beaux voyages
Le tour de la table comme paysage
On chasse l’ennui du quotidien
On fait tourner notre chagrin
Un train qui siffle et qui recule
Un nain qu’on retient de la main

Un train d’enfant, un train électrique
Qui n’est ni triste ni comique
Un train qui roule sa vitesse
Une voie d’enfer en rond fermé
Destin tracé de plaisirs usés
Où ses roues grincent de froide vieillesse

*(refrain)
Je rêve, mais je ne comprends pas,
Qui de nous deux est saoul,
Qui de nous deux est fou…

Et puis l’on joue dans la fumée
Dans l’air terni du routinier
Roulant l’avenir en souvenirs
Y étouffant tous nos soupirs
Des yeux rougis dans l’illusion
Des yeux fermés pour se mentir

Des yeux fixant un train errant
Qui se fascinent aveuglément
Captifs de songes organisés
Magie de cendre et de détresse
Éclats de rire sans allégresse
Cinéma vague pour yeux blasés

Je rêve, mais je ne comprends pas,
Qui de nous deux est saoul,
Qui de nous deux est fou…

On joue aux rêves de nos beaux jours
Sur une scène sans calembours
On trahit l’auteur du désespoir
On est l’acteur d’un cercle noir
Un être criant l’angoisse de vivre
Un homme soumis à son histoire

Être déroulant sa pollution
Sur les carrefours des conventions
Être suant son combustible
À s’appauvrir dans son enclos
Lieu de tourment, usine sans repos
** Ô mort pays possible !…

…rêve, mais je ne comprends pas,
Qui de nous deux est fou
Qui de nous deux est saoul…

*Le refrain est de Daniel Ducharme
**Vers tiré du poème  “ Petite suite en laisse” de Gaston Miron

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Jours mécaniques

Comme les songes dissimulés
lorsque l’éveil distrait est à fuir
parsemé de temps troués
où s’accroît l’absence des souvenirs

Lourds il y a des jours balourds
et des jours, des jours et des jours mécaniques
où s’ennuient du soleil des os sans analgésiques

Alors il me pleut mon amour
et si froid tout autour oblique


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Terre aux risques

Tel ce sommeil né de l’autre,
sans épaule, ni étêté, apôtre.

Tels ces éveils nés des autres,
sans rôle, ni réalité, pas de porte.

Au nom d’idéal cruel, si jeune mourir
pour qu’éternellement de vierges jouir.

Alors qu’ici l’on vieillit économiquement,
mais qui souhaite périr éternellement?

Damnation! Quelle voûte est inventée?
Ciel! Quelle Terre est irréelle?

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Plaine plage d’amour

Plaine,
grande plaine essoufflée d’où tout est flou

Blessée,
lacée bien glacée où tout bout,
croûte boursouflée enfer fourre-tout pour souffler

Veines vaines vannées avinées … À bout tabou!

Plaine, pleine d’amour
grande plaine d’horizon lourd et flour

Plage,
grande plage à souffle court d’où soûl s’échoue

Laissée,
lassée bien blessée à bout de souffre
souffle coupé à courtiser l’ajouré des gouffres

Plage pleine, page ensablée … À bout d’atout!

Plage, plagier le sable à la faim des jours
grande scène sanguine, oh angine d’amour!

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1er avril 2020

La circulation n’en finit plus de s’absenter
après que la neige en eu assez de tomber
dans nos maisons scellées sans proximité
les morales usés exploseront à se plomber

Nous trompe peu l’Avril
ne t’y découvre pas d’un fil
mots maintenant vide, vide de sens
ne plus sortir et préserver sa présence

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D’où l’heure

Vil vieillissement de la vie servile
mouvement d’où l’heure dans un mur mûr meure
alors aile luit lente l’eau de l’oeil lourd
parcourant plage de peau par poid plume
et perdure l’impasse de l’impossible palpable
bras brisé en bazar bla bla bla de bric à brac
mais démembrer la démesure du mal démusclé

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Tout nous

La musique par vos lèvres m’enchante
mes oreilles aspirent l’air de vos poumons
mélodies où s’emmêlent nos vibrations lentes
non dits aisées fait de touches et de violons

Nos chœurs en portées qui divaguent
et notre amour nu à nourrir des vagues
monde d’harmonies toutes en ondes rondes

Et voilà que je me parle en nombril
et me ravine en baderne et m’y réfugie

À l’auteur d’homme d’humeur humus meurtri
sans urgence l’écriture rauque s’écrie
et des idéaux par poudre aux yeux rougis
s’effondrent en alarme et distance polie

Ô cruelle absence où se meurt menue l’éternité
où par prudents interdits risques-de-vivre s’enfermer
noués malades de santé tout nous tue 

Et voilà que je me parle le zombie
et me creuse des rides et m’y replie

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